L’aliment comme médicament ?

On pense rarement aux liens entre la nourriture et le système nerveux et le cerveau. Pourtant tout ce qu’on mange détermine comment votre cerveau fonctionne.

C’est évident et pourtant tellement négligé

L’erreur la plus courante est de sauter un repas, principalement le petit-déjeuner. Cela joue un rôle sur les niveaux de sucre dans le sang et influence directement le niveau d’attention ainsi que les humeurs. Si vous ne mangez pas correctement, vous pouvez devenir distrait, impulsif et agité. Cela renforce vos symptômes même si vous êtes sous traitement. Par conséquent, si vous souffrez de TDA/H, une partie de votre traitement multimodal doit viser une alimentation saine composés de nutriments essentiels qui vont nourrir votre cerveau et apaiser votre système nerveux.

Des suggestions alimentaires

Équilibrer votre alimentation

Vous devez viser une satiété tout au long de la journée. L’hypoglycémie et la faim provoquent des sautes d’humeur incontrôlables et vous aurez du mal à vous apaiser. Pour y arriver, votre assiette doit contenir des légumes pour moitié (crus et/ou cuits), un quantité suffisante de protéines (viande, œufs, fromage, …) et des hydrates de carbone (pomme de terre, riz, pain). Vous devez y ajouter de bonnes graisses, elles sont indispensables au cerveau et au système nerveux et sont mises à l’écart depuis de nombreuses années (huile d’olive, beurre, huile de coco). Prenez les fruits en collation pour éviter la faim entre les repas. Attention aux recommandations par rapport aux fibres : si vous avez des soucis de perméabilité intestinale, il est recommandé de manger peu de fibres car elles agressent encore plus les parois déjà fragilisées.

Chercher d’éventuelles allergies alimentaires

Beaucoup de gens atteints de TDAH ont des allergies non diagnostiquées. Si celles-ci sont détectées et traitées, la vie peut changer radicalement en mieux. Cela vaut la peine de faire des tests, mais assurez-vous de trouver un allergologue fiable. Certains «professionnels» vendent leurs propres remèdes pour diverses «sensibilités». Cela coûte cher et ils donnent peu de résultats.
De plus en plus, on suspecte le gluten de renforcer les symptômes des personnes TDA/H souffrant de perméabilité intestinale (affection qui passe inaperçue et qui laisse passer des molécules étrangères dans le sang, l’intestin étant devenu une passoire avec des trous plus larges). Vous pouvez tester les effets de la nourriture sur vous. Si vous êtes prêt à vous passer de pain, de pâtes et autres produits à base de blé, vous pouvez faire l’expérience d’un régime sans gluten pendant un mois et en mesurer les effets au niveau de vos symptômes. Si c’est positif, à vous de décider si vous continuez et alors vous vous engagez pour un régime de ce type à vie (sinon vos symptômes reviennent au quart de tour). Si cela ne change rien à vos symptômes, c’est que le gluten est sans effet sur vous. Vous pouvez ensuite tester le lait (lactose/caséine), les œufs, les amandes et autres produits allergisants.

Du bon gras

Outre les graisses de bonne qualité (première pression à froid, si possible biologique), il est reconnu que les oméga-3 soutiennent l’activité du cerveau. Mangez des poissons gras ou prenez une supplémentation.

Des vrais aliments

L’industrie alimentaire transforme toute l’alimentation dont nous nous nourrissons. Si vous prenez la peine de lire les étiquettes, vous serez surpris par tous les ajouts pour rendre un aliment plus appétissant et augmenter son espérance de vie. Additifs, conservateurs, acides gras transgéniques, amidons modifiés et sirop riche en fructose mettent à mal notre système digestif et nerveux. Essayez de cuisiner vous-même des aliments achetés bruts et, après avoir lu les étiquettes, laissez aux fournisseurs ceux dont les ingrédients sont inconnus de votre grand-mère. Une règle à suivre : si votre grand-mère en mangeait, vous pouvez en manger aussi.

De la vitamine C

Il est préférable d’obtenir la vitamine C des fruits et légumes que vous mangez, car la vitamine C de la pharmacie n’est pas aussi efficace que dans les aliments entiers. La vitamine C aide à moduler l’action synaptique de dopamine, un neurotransmetteur-clé nécessaire dans le traitement du TDAH.

Nourrissez votre cerveau

Les myrtilles, l’extrait de pépins de raisin, les algues bleues-vertes, les amandes, les noix de cajou, les noix, le brocoli et tous les choux verts, le saumon sauvage et les poissons gras, les patates douces, le potiron, la viande, le cumin, le curcuma, les épinards, le cresson et l’avocat, ainsi que l’huile d’olive et l’huile de lin sont des super aliments pour votre cerveau.

Prenez une bonne multivitamine

Lors d’une prise de sang, faites doser les vitamines, minéraux et oligo-éléments les plus courants pour mettre à jour d’éventuelles carences. Envisagez éventuellement de prendre un supplément en vitamine D, en fer, en zinc, en magnésium, en sélénium et acide folique. Un moyen sûr d’éviter la surcharge en vitamines et minéraux est de prendre une multivitamine qui contient la dose journalière recommandée de vitamines et de minéraux essentiels.

Limitez les sucres rapides et les glucides en général

La plupart sont gavés au sucre. Cela apaise les symptômes pendant un cours laps de temps en donnant du sucre rapide au cerveau qui en devient dépendant. Cela a des conséquences négatives sur la santé, de la carie dentaire à l’obésité, en passant par le diabète, une fonction immunitaire altérée, et de la léthargie quand le taux de sucre redevient normal. Les glucides raffinés (ce qu’on appelle les calories vides parce que cela n’apporte aucun nutriment essentiel au corps) stimulent la libération de dopamine, comme le font les médicaments stimulants et l’adrénaline. Cela signifie que, comme pour le sucre, vous vous tournez vers les glucides pour obtenir une dose de dopamine. Méfiez-vous de la crème glacée, du chocolat, des sodas, des céréales, de jus de fruits, des tartines de choco. Ce sont des faux-amis, des leurres pour aller mieux.

Boire de l’eau

L’eau constitue 75% de votre cerveau. Beaucoup ne boivent pas assez d’eau. La déshydratation concerne plus de personnes qu’on ne le croit et cela peut aggraver vos symptômes.

L’aliment n’est pas un refuge

Beaucoup adultes atteints du TDAH ont plus de risques de développer des troubles alimentaires. Ils y trouvent une source de stimulation et sert de refuge pour apaiser les tensions internes ainsi que leurs émotions trop intenses. Il leur manque également certains freins pour s’auto-discipliner, ce qui peut les faire entrer dans des comportements boulimiques, qui alternent avec de la rigidité et du laisser-aller