Vous avez reçu un diagnostic… et ensuite ?

Un déficit d’attention ?

Vivez-vous réellement un déficit de votre attention alors que vous pouvez passer des heures sur une activité qui vous passionne ? Avez-vous l’impression de vivre un trouble quand vous avez de l’empathie pour les personnes que vous côtoyez ou que vous vous laissez aller dans le flux de votre créativité ? En tout cas, votre système nerveux n’est ni endommagé ni défectueux. Il fonctionne même très bien (trop bien ?) en utilisant son propre mode d’emploi. En dépit de troubles d’apprentissage souvent associés au TDA/H, ce sont des personnes qui ont un QI significativement plus élevé que la moyenne. Quand ces personnes se retrouvent face à des difficultés, elles trouvent souvent des solutions inédites et créatives pour s’en sortir. La grande majorité des adultes ayant un système nerveux de TDA/H ne sont pas ouvertement hyperactifs, au niveau moteur. Par contre, ils ont une hyperactivité mentale intense. D’autres, loin d’avoir un déficit d’attention, focalisent leur attention sur une infinité de détails, au risque de devenir maniaque dans certains domaines. Ceux qui ne sont pas médicamentés peuvent penser à 5 sujets à la fois et ont l’impression d’avoir une autoroute embouteillée dans la tête. La caractéristique de ce système nerveux n’est pas d’avoir un déficit d’attention, mais d’avoir une attention inconstante. Tout qui vit avec un TDA/H sait qu’il peut « entrer dans la zone » quatre ou cinq fois par jour, mais peut-être pas tous les jours. Quand ils sont dans la zone, ils n’ont pas de déficit et les fonctions exécutives qui posaient problème, fonctionnent alors à merveille. La plupart de adultes atteints du TDA/H savent qu’ils sont intelligents et qu’ils brillent dans leur domaine, mais ils ne sont jamais sûrs que leurs capacités vont se montrer au moment où ils en ont besoin. Le fait que les symptômes et les troubles vont et viennent toute la journée est le trait marquant du TDA/H. C’est tellement frustrant de ne pas avoir accès à ses compétences à la demande. Les personnes avec un TDA/H atteignent généralement « la zone » par l’intérêt de ce qu’ils font et le plaisir qu’ils en obtiennent. C’est ce qu’on appelle un système nerveux basé sur les intérêts. Les personnes qui jugent voient cela comme un manque de fiabilité ou de l’égoïsme. Quand les amis disent, « Tu ne fais jamais que ce que tu aimes », ils décrivent l’essence du système nerveux de TDA/H. On peut également entrer dans la zone quand cela représente un défi et qu’on est placé face à une certaine concurrence. Parfois, une tâche nouvelle ou le début d’une tâche attire toute leur attention. La nouveauté étant de courte durée, l’attention et l’intérêt diminue malheureusement au fil du temps . La plupart peuvent s’engager dans des tâches, travailler jour et nuit en accédant à leurs capacités cognitives et exécutives quand la tâche est urgente et qu’il y a un délai très serré. C’est l’explication de la procrastination du TDA/H : ils veulent faire ce travail, mais ils ne peuvent pas se lancer jusqu’à ce que la tâche devienne intéressante, stimulante, ou urgente.

Comment fonctionne le reste du monde ?

Les 90 % des non TDA/H dans le monde sont appelés « neurotypiques. » Ce n’est pas qu’ils soient «normaux» ou mieux. Leur neurologie est acceptée et approuvée par le monde. Pour les personnes ayant un système nerveux neurotypique, s’intéresser à une tâche, la nouveauté, l’utilité ou l’urgence n’est pas une condition préalable pour la faire. Les personnes neurotypiques utilisent trois facteurs différents pour décider quoi faire, comment et quand commencer une tâche et surtout la terminer

  • 1. Le concept d’importance (ils pensent qu’ils doivent la faire).
  • 2. Le concept d’une importance secondaire. Ils sont motivés par le fait que leurs parents, professeur, patron, ou quelqu’un qu’ils respectent pense que la tâche est importante.
  • 3. Le concept de récompenses pour accomplir une tâche et des conséquences / sanctions pour ne pas le faire.

Les personnes avec un système nerveux de TDAH n’ont jamais été en mesure d’utiliser l’idée d’importance ou de récompenses pour démarrer et exécuter une tâche. Elles savent ce qui est important, elles aiment les récompenses, et elles n’aiment pas souffrir. Mais pour elles, les choses qui motivent le reste du monde ne sont que des leurres. Leur système nerveux utilise davantage leur système émotif que rationnel. L’impossibilité d’utiliser la notion d’importance et le système de récompenses pour obtenir de la motivation a un impact tout au long de la vie des adultes atteints du TDAH. Comment un adulte TDA/H peut-il choisir entre plusieurs options s’il ne peut pas utiliser le concept d’importance et les avantages financiers pour le motiver? Comment peut-il arriver à prendre des décisions importantes si les concepts d’importance et les récompenses ne sont ni utiles pour prendre une décision ni une motivation pour faire ce qu’il veut ? Cette compréhension explique pourquoi aucune des thérapies cognitives et comportementales utilisées pour gérer les symptômes du TDAH ont un avantage durable. Les thérapeutes considèrent encore trop souvent que le TDAH est le fruit d’un système nerveux défectueux ou ils ne portent leur attention que sur les déficits pour les « corriger »

Cessez de vouloir vous corriger

Au contraire, on peut envisager le TDA/H comme issu d’un système nerveux qui fonctionne parfaitement bien par son propre ensemble de règles. Malheureusement, il ne fonctionne pas avec des règles ou des techniques enseignées et encouragées dans un monde neurotypique. Voilà pourquoi: Un TDA/H ne rentre pas dans le système scolaire classique qui est basé sur la répétition de ce que quelqu’un d’autre a pensé comme important et pertinent. Un TDA/H a du mal à s’apanouir dans un travail standard rémunéré, il s’ennuie à faire des tâches que quelqu’un a décidé pour lui. Un TDA/H est désorganisé, aucun système basé sur la priorisation et la gestion du temps ne fonctionne bien pour lui. Un TDA/H a du mal à faire des choix, à choisir entre des alternatives, parce que tout a le même degré d’importance. Pour lui, toutes les alternatives sont uniformes et aucune ne se détache dans son esprit. Un TDA/H sait que, s’il s’engage dans une tâche, il peut le faire avec passion mais il ne sait pas jusque quand. Tant qu’il n’a pas reçu son mode d’emploi, il essaie de se conformer au monde neuro-typique et il cale à un moment donné. Tout comme le gaucher il y a 50 ans, le TDAH n’est pas encore accepté par la société ni même par le monde médical. Pourtant, le système nerveux atypique aurait permis aux premiers humains de survivre. C’est un système nerveux adapté à la chasse où il faut être à l’affût du moindre bruit et pouvoir répondre rapidement aux stimuli perçus. C’est donc un système nerveux particulièrement efficace mais qui n’est plus adapté au monde d’aujourd’hui, qui est plutôt celui des agriculteurs qui ne doit pas réagir aux stimuli mais organiser ses cultures et prévoir des réserves pour assurer sa survie. C’est là que sont nées les méthodes d’organisation, totalement inutiles aux chasseurs dont la vivacité leur permettait de saisir l’animal au bond. Bref, vous êtes simplement différent, pas meilleur et ni moins bien que les autres dans notre société actuelle. Comprenez seulement qu’encore à l’heure actuelle, la société fonctionne comme s’il n’y avait que des personnes au système nerveux typique. Des personnes qui savent rester assises tranquillement, se concentrer à volonté, avoir de la motivation à valeur égale, faire des choses répétitives parce que c’est demandé…

Or, ce n’est pas la réalité !

Les personnes fonctionnant d’une autre manière ne sont pas encore vraiment acceptées. Comme vous l’avez compris, le TDAH a un cerveau qui fonctionne très vite sous certains stimuli et qui fonctionne beaucoup moins en l’absence de ces stimuli préférés. Vous fonctionnez en dent de scie alors qu’on demande de la constance. Vous n’avez pas la même organisation que les autres. Vous avez un « certain » désordre, dans lequel vous vous y retrouvez parfaitement mais pas nécessairement votre collaborateur. Votre énergie est labile : rester des heures assis, ce n’est pas fait pour vous.

Dites au revoir aux solutions de « droitiers »

Mise en garde: mon analogie n’a rien à voir avec « cerveau gauche/cerveau droit » mais bien avec un monde fait pour les droitiers et moins pour les gauchers. Traiter ses symptômes de TDA/H commence souvent par une médication adaptée. Cela facilite la mise en route, aide à filtrer les stimuli, à mieux gérer ses émotions ou à davantage contrôler son impulsivité. Mais si un patient normalise ses symptômes avec un médicament, son système nerveux n’en reste pas moins atypique et il pourrait avoir l’illusion que les techniques d’organisation des droitiers pourraient alors fonctionner dans son cas. Avec un taux d’échec élevé, c’est le retour à la case départ et le désespoir en prime. Votre vie changera quand vous aurez compris comment fonctionne votre système nerveux et quelles sont les stratégies qui fonctionnent réellement pour vous. N’oubliez jamais que vous n’êtes pas un humain cassé qu’il faut réparer. Au contraire, les spécialistes sont surpris du peu d’adultes qui consultent (environ 10%) et lors de l’entretien, ils découvrent des personnes qui ont déjà mis en place des stratégies pour compenser leurs déficits. La plupart sont juste centrés sur ce qui ne fonctionne pas et oublient leurs habilités à créer du nouveau et à trouver des solutions. Ainsi, vous avez déjà des stratégies pour vous engager dans un projet et le terminer, pour être plus productif quand la procrastination vous guette ou pour retrouver de l’énergie, bref pour entrer dans la zone. Pendant un mois, posez-vous ces deux questions « Comment suis-je parvenu à .. , Quelle stratégie ai-je utilisée pour … »

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